Prêtre et fils : Les rouages de l’excellence

Prêtre et fils : Les rouages de l’excellence

Christian Prêtre, face à l'horloge de Chambord. Photo Ouest France

Retour avec Christian Prêtre, ancien dirigeant de la société Prêtre et fils, sur l'histoire de sept générations d'horlogers. Passion et savoir-faire de 1520 à nos jours

Sous l'égide de la Région, du Pays Horloger et de l'association française des amateurs d'horlogerie ancienne, Christian Prêtre est intervenu lors d'une conférence sur l'histoire de sept générations d'horlogers. Retour passionnant avec l'ancien dirigeant de la société Prêtre et fils sur un savoir-faire de 1520 à nos jours.

Qu'est-ce qu'un horloger d'édifice (campaniste) ?

Notre métier consiste en la fabrication et la maintenance des horloges mécaniques sur des édifices assez imposants. Ce métier nécessite plusieurs spécialistes : horloger-mécanicien, électromécanicien, charpentier, poseur de paratonnerre... Notre métier fait partie de la métallurgie et non de l'horlogerie. Il n'existe qu'une trentaine d'entreprises comme la nôtre en France.

Comment ce métier a-t-il évolué au cours des siècles ?

Au Ve siècle, les hommes ont désiré synchroniser leur activité sociale sur les sonneries des offices religieux et rapidement sur les événements de la ville. Durant plusieurs siècles, des modifications ont été apportées. À la fin du XXe siècle apparaît le système électrique. L'heure de référence a également évolué. Au début, elle était inégale en fonction des saisons pour arriver au système des heures d'été et d'hiver.

Quelles sont les grandes dates de l'entreprise ?

1520 naissance à Boncourt et Chavannes en Suisse, puis en 1640 au Mémont et en 1800 au Narbief et au Bizot. Théophile-Alex Prêtre arrive en 1780 au Narbief. Il commence à construire quelques horloges qui sont des copies. Puis s'installent en 1810 au Bizot Lucien et César (passage du fer forgé aux pièces usinées). En 1830, déplacement à Rosureux pour utiliser la force motrice de l'eau.
Asther (1844-1916) participe à de nombreuses expositions. Lucien (1891-1937) connaît la concurrence avec des technologies nouvelles. Robert (mon père 1916-2009) s'installe en 1947 à Cour-Saint-Maurice puis en 1956 à Bretonvillers. Il fait des moteurs de sonnerie de cloche et se spécialise dans le remontage automatique.
Je remplace mon père en 1982 à Mamirolle et en 2010 mon fils prend la succession avec trois activités principales : l'horlogerie d'édifice, l'électricité d'édifice, la restauration d'horloges mécaniques et d'horloges monumentales.

Quelles sont les plus spectaculaires réalisations ?

Nous travaillons dans le monde entier. Nous réalisons actuellement une horloge assez innovante pour une école de Marseille. Nous avons restauré celle du château de Chambord commandée par Louis XIV et celle du Grand Palais avec une mécanique impressionnante. Mais l'horloge de la cathédrale de Beauvais a demandé un vrai challenge (90 000 pièces à démonter et à remonter en 9 mois de travail). Dans l'Oise, une association de sauvegarde du patrimoine nous a sollicités pour remettre en marche une horloge arrêtée depuis 70 ans.
Un métier passionnant décrit par un passionné !

« Nous travaillons dans le monde entier. Nous réalisons actuellement une horloge assez innovante pour une école de Marseille. » Christian Prêtre, ancien dirigeant de la société Prêtre et fils

Source: Ouest France

Mars 2017