Campaniste Bodet: Broons. La petite Angélique va se refaire une beauté

Campaniste Bodet: Broons. La petite Angélique va se refaire une beauté

Autour de la cloche Angélique, les campanistes Josselin Sicard et José Da Silva (au centre) et Laurent Briaud (à droite) avec les élus. Photo Ouest France

À Broons, dans les Côtes-d’Armor, la petite cloche a été descendue par les campanistes de l’entreprise Bodet. Durant plusieurs mois, elle sera dans les ateliers de cette société pour être réparée.

Patrimoine

Que les paroissiens ne s’inquiètent pas ! Ils entendront toujours les cloches de Saint-Pierre tinter malgré le départ momentané de la plus petite et plus vieille d’entre elles pour réparation.

Les campanistes ont réglé l’angélus sur la troisième cloche. Jeudi matin, avec précautions, ces spécialistes ont descendu la demoiselle aux mensurations tout de même imposantes : 387 kg pour 87 cm de diamètre. À l’aide de palans électriques, le transport du ciel à la terre s’est passé sans encombre.

Installée sur des palettes, Angélique a dévoilé la beauté de sa robe d’airain (alliage de cuivre et d’étain) sur laquelle se trouve gravée la phrase qui raconte son histoire. « J’ai été bénite le 2 février 1877 par Mgr Augustin David évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, et nommé Angélique ». On apprend aussi que ses parrain et marraine sont Mathurin Biou (prêtre de Broons) et Angélique Petitbon ou encore qu’elle fut fondue par le maître fondeur Viel Tretel, à Villedieu-les-Poêles, dans la Manche.

Une exposition sur le métier de campaniste

Trois panneaux d’exposition ont été installés à l’entrée de l’église. Le public pourra découvrir : l’enhunage des cloches (techniques de pose et dépose des cloches), la restauration des cloches et l’installation campanaire.Laurent Briaud, Josselin Sicard et José Da Silva sont les trois campanistes qui vont prendre soin d’Angélique. Des vrais passionnés. « Il n’y a pas d’école de formation de campaniste, on acquiert ses savoir-faire par la transmission. Les anciens forment les jeunes, c’est du compagnonnage… », expliquent-ils.Professionnels depuis plusieurs décennies, ils sont souvent arrivés dans le métier avec des compétences en électrotechnique, électricité, menuiserie… La France compte seulement 300 campanistes, alors autant dire que ces trois-là sont fiers d’exercer ce métier.

Être campaniste demande aussi d’avoir de l’oreille pour écouter le son qu’émet une cloche et un sens de l’adaptation au milieu. « Ici, nous avons constaté que les cloches ont été installées avant que l’escalier d’accès soit construit », remarquent ces férus de patrimoine.

Ces trois hommes forment une équipe complémentaire qui s’apprécie. Ensemble, ils sillonnent l’Hexagone.À leur palmarès, déjà plus d’un millier de cloches sauvées et réparées… Angélique sera 1300e !

Durant trois mois, celle-ci sera consolidée et nettoyée avant de reprendre place, là-haut, dans les airs. Le battant de la cloche sera lui aussi refait. Sa partie haute en cuir sera recouverte d’une partie métallique protectrice et sa partie basse dont le métal est endommagé, renforcée.

Source: Ouest France

Mars 2017