Lepers et Frères : Dernier accord pour un carillon sans fausse note à Chauny

Lepers et Frères : Dernier accord pour un carillon sans fausse note à Chauny

Photo L'Aisne Nouvelle

Pour produire des mélodies justes, presque toutes les cloches du carillon ont été accordées au fil du temps. La dernière devrait l’être cette année.

À l’écoute, pas sûr que les Chaunois fassent vraiment la différence. Et pourtant. Une cloche du carillon de l’hôtel de ville, sur les neuf constituant l’ensemble, reste encore à accorder.

Cette restauration pourrait intervenir cette année, clôturant ainsi le vaste chantier démarré en 2009 à l’initiative de la société nordiste Lepers et frères, spécialisée dans l’horlogerie.

« Nous avons sensibilisé les représentants de la Ville pour le réajustement du carillon, explique Bernard Lepers, campaniste. Le maire nous a confié cette mission qui s’est faite en plusieurs étapes. Sur les neuf cloches, trois neuves ont été posées en 1998. Il n’y a donc eu rien à faire. Contrairement aux six autres. » Cinq d’entre elles ont déjà été accordées entre 2009 et 2016.

Trois semaines de travail

L’opération est assurée par la fonderie Paccard, basée à Annecy. Trois semaines suffisent selon Bernard Lepers pour usiner l’instrument. En clair : retirer les quelques millimètres de matière qui l’empêchent d’avoir une tonalité juste. « Et une fois que cette dernière cloche sera accordée, ça ne bougera pas et le carillon va retentir encore longtemps ! »

Pour le plus grand plaisir des habitants qui y restent attachés. À l’instar de Pierre, 70 ans : « C’est très agréable, ça fait partie de l’image de la ville. Et grâce à lui, on sait toujours l’heure qu’il est. »

Même constat pour Estelle, 47 ans : « Lorsque je me suis installée à Chauny, j’avoue que ça me surprenait au début. Je ne voyais pas l’intérêt sachant que tout le monde consulte l’heure au moins sur son téléphone. Et puis maintenant, mon oreille s’y est faite. C’est une tradition du nord de la France, il faut qu’elle perdure. »

Un peu d’histoire…

Le carillon a fait son apparition à Chauny en 1557. Il était alors composé de cinq cloches. Comme beaucoup d’autres, il a été détruit pendant la Grande Guerre. Lors de la reconstruction de l’hôtel de ville dans les années 20, un nouvel ensemble a été installé.

« Il n’y avait alors que six cloches, rapporte Bernard Lepers. Pour la simple et bonne raison que les mélodies créées ne l’avaient été qu’avec six notes. » En 1998, trois nouvelles cloches ont été ajoutées, portant le total à neuf. Le carillon, qui fonctionne grâce à un automate électronique, sonne tous les quarts d’heure, égrainant à chaque fois une nouvelle ritournelle.

Source: L'Aisne Nouvelle

Janvier 2017